Annoncée en décembre dernier par Emmanuel Macron, la plateforme anti-discrimination, composée d’un site internet et d’un numéro, le 39 28, a été lancée aujourd’hui, vendredi 12 février. Placée sous la responsabilité de la Défenseure des droits, Claire Hédon, elle est la promesse non seulement d’une écoute mais aussi et surtout d’un accompagnement. Grâce à la mise en place de ces dispositifs concrets, il s’agit de répondre à la problématique de la persistance des  discriminations en France, et ce dans de nombreux domaines : emploi, logement, emploi, accès aux services publics, etc.

Une discrimination, c’est quoi ?

La discrimination correspond à un concept juridique bien précis. Pour être reconnue en droit, la discrimination doit réunir trois éléments : le traitement défavorable d’une personne, sur la base d’un critère interdit par la loi (origine, sexe, handicap, etc.) dans un domaine prévu par la loi (emploi, logement, accès à un service, etc.). La discrimination est sanctionnée par la loi et peut être reconnue même si elle n’est pas intentionnelle.

Par ailleurs, une discrimination peut prendre la forme d’un harcèlement discriminatoire, c’est-à-dire un agissement lié à un ou plusieurs critères de discrimination qui porte atteinte à la dignité d’une personne ou crée un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Par exemple dans le cas où des collègues de travail dénigreraient constamment un salarié en raison de son origine, son handicap ou son orientation sexuelle.

Comment fonctionne la plateforme anti-discriminations ?

Il s’agit d’une plateforme de signalement et d’accompagnement des victimes ou des témoins de discriminations.

Ce nouveau service est doté :

  • d’un numéro de téléphone : le 39 28 (de 9 h à 18 h, prix d’un appel local), joignable par tchat (de 9 h à 18 h) et accessible aux personnes sourdes et malen­tendantes
  • d’un site en ligne :www.antidiscriminations.fr.

Avec « antidiscriminations.fr », toute personne victime ou témoin d’une discrimination, quels qu’en soient le motif (handicap, origine, sexe, âge, etc.) et le domaine (emploi, logement, accès à la santé, éducation, etc.), peut désormais contacter directement et en toute confidentialité les équipes juridiques du Défenseur des droits. Elle pourra aussi être orientée vers l’asso­ciation la plus proche de son domicile.

À travers ces échanges, les juristes du Défenseur des droits pourront :

  • informer la personne de ses droits à travers une réponse en ligne
  • la réorienter vers les services de l’État compétents (police, gendarmerie et différentes plateformes) ainsi que vers les associations partenaires sur tout le territoire
  • préparer le cas échéant une saisine du Défenseur des droits qui pourra conduire à une médiation, un traitement civil ou une poursuite pénale

La prise en charge rapide et efficace de votre signalement de discrimination grâce à :

  • une équipe de juristes dédiée et des écoutants spécialistes en droit de la non-discrimination, en capacité d’écouter et d’accompagner de façon instantanée
  • un référencement des associations de lutte contre les discriminations partenaires du Défenseur des droits sur tout le territoire
  • une expertise juridique et des pouvoirs d’enquête important du Défenseur des droits (testings, auditions, etc.) pour un traitement efficace des situations complexes
  • l’appui du réseau territorial du Défenseur des droits
  • un référencement des plateformes du ministère de l’Intérieur (Plateforme nationale d’aide aux victimes, Pharos)
  • un centre de ressources juridiques prochainement en ligne.