Cette semaine, à la demande du groupe parlementaire La République En Marche dont je fais partie, est mené un débat sur le plan gouvernemental en faveur de la jeunesse. Déjà très mobilisés pour donner un avenir à nos jeunes, nous n’oublions pas que nous devons faire plus pour chacun d’eux en cette période de crise sanitaire.

Au 1er janvier 2020, l’INSEE estime à 11,6 millions le nombre de jeunes âgés de 15 à 29 ans, soit 17% de la population française. Parallèlement, la France se situe encore dans le peloton de tête des pays européens en termes de fécondité : à 1,87 en 2019, l’indicateur conjoncturel de fécondité français s’éloigne désormais du seuil symbolique de 2 enfants par femme, mais reste supérieur à la moyenne européenne. La  politique  en  faveur  de  la  jeunesse  regroupe  l’ensemble  des  actions  concourant  à l’accompagnement des parcours de jeunes vers l’autonomie, notamment par l’éducation, la formation, l’insertion sociale et professionnelle, la mobilité, ou l’engagement. Elle est d’autant plus nécessaire que les jeunes rencontrent des difficultés d’insertion professionnelle avec un taux de chômage des 15-24 ans s’établissant à 22%  en septembre 2020, contre 9%  en population générale. Ils connaissent également une précarisation caractérisée par un taux de pauvreté de 20,1 % en 2017, contre 14,1 % dans la population générale.  La crise sanitaire que traverse actuellement le pays renforce ce constat. Le Gouvernement et nous les députés de la majorité y avons apporté des réponses massives et inédites, notamment au travers du plan  « 1 Jeune 1 Solution »,qui assure à chaque jeune sortant sur le marché de l’emploi en 2020 de se voir proposer une solution adaptée à ses besoins et à son parcours. Différentes mesures de soutien spécifiques aux étudiants ont également été prises.

Le  Plan  « 1 Jeune  1  Solution »  au  cœur  de  la  politique  du  Gouvernement  en faveur de l’emploi des jeunes

Face au constat d’une jeunesse particulièrement affectée par les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire, le Gouvernement a mis en œuvre un plan spécifiquement destiné aux jeunes, intitulé « Un jeune, une solution », présenté le 23 juillet dernier par le Premier ministre.

Doté de 6,7 milliards d’euros, il doit permettre d’accompagner les jeunes de 16 à 25 ans afin de faciliter leur entrée dans la vie professionnelle, de les orienter et les former vers les secteurs et les métiers d’avenir et d’accompagner les jeunes éloignés de l’emploi en construisant des parcours d’insertion. Plusieurs dispositifs existants – notamment la Garantie jeunes et les contrats aidés – ont été fortement étoffés, tandis que de nouveaux dispositifs incitatifs sont mis en place, tels que les aides à l’embauche des jeunes recrutés d’ici début 2021 et pour les contrats en alternance.

  1. Faciliter l’entrée dans la vie professionnelle :
  • Une aide à l’embauche de 4 000 euros, par le biais de compensations de charges, pour tout jeune recruté entre août 2020 et janvier 2021.
  • Une aide exceptionnelle à l’apprentissage, de 5 000 € pour recruter un alternant de moins de 18 ans (en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) et de 8 000 euros pour recruter un alternant de plus de 18 ans.
  • Des emplois francs « plus » pour les jeunes résidant en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), portant la prime à 7 000 euros la première année, puis
  • 5 000 euros les années suivantes, dans la limite totale de trois ans, pour un recrutement en Contrat à Durée Indéterminé ; et à 5 500 euros la première année, puis 2 500 euros l’année suivante, dans la limite totale de deux ans, pour un recrutement en Contrat à Durée Déterminé (CDD) d’au moins six mois.
  • 100 000 missions de service civique supplémentaires pour permettre à des jeunes de s’engager dans des associations, dont 20 000 en 2021 et 80 000 en 2021.
  • Le recrutement de 1 000 jeunes dans les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME) sur des métiers centrés autour de la transformation écologique (« VTE verts »).
  • 2  000  emplois  via  le  Fonds  de  coopération  de  la  jeunesse  et  de  l’éducation populaire (FONJEP) en appui des associations pour favoriser leur développement ou leur consolidation.

2. Orienter et former les jeunes vers les secteurs et les métiers d’avenir

  • 100 000 nouvelles formations qualifiantes ou pré-qualifiantes seront proposées aux jeunes sans qualification ou en échec dans l’enseignement supérieur, dans le cadre du Plan d’Investissement dans les Compétences.
  • 16 000 formations supplémentaires dans le secteur du soin (infirmiers, aides-soignants et auxiliaires de vie) pour accompagner la mise en œuvre du Ségur de la santé et du plan Grand âge.
  • 35 000 formations numériques pour les jeunes non qualifiés en 2020 et 2021. Des parcours individualisés pour 35 000 décrocheurs entre 16 et 18 ans, dont 30 000 en 2021.
  • 40  000  places  supplémentaires  pour  poursuivre  des  formations  en  études supérieures, en CAP et BTS depuis la rentrée 2020. Le doublement du nombre d’élèves bénéficiaires des cordées de la réussite et des parcours d’excellence.  

3. Accompagner des jeunes éloignés de l’emploi en construisant des parcours d’insertion sur mesure

  • 120 000 dispositifs supplémentaires d’insertion dans l’emploi, fondés sur les parcours emploi compétences (PEC) et les contrats initiative emploi.
  • Une augmentation  de  50  %  des  places  en garantie  jeunes,  soit  50  000 accompagnements complémentaires. 80 000 parcours  contractualisés  d’accompagnement  vers  l’emploi  et  l’autonomie (PACEA) supplémentaires.
  • Un doublement de l’accompagnement intensif des jeunes (AIJ) mis en place au sein de Pôle emploi, soit un total de 240 000 bénéficiaires.
  • 3 000 places supplémentaires dans le dispositif SESAME, accompagnement sur mesure vers les métiers du sport et de l’animation.

Les mesures présentées en juillet dernier, qui se sont concrétisées dans le projet de loi de finances pour 2021, ont par ailleurs été complétées par les annonces effectuées le 26 novembre dernier par le Gouvernement. Au-delà des aides exceptionnelles prévues pour les saisonniers et extras avec une garantie de ressources de 900 euros par mois jusqu’en février 2021, et la création de 20 000 emplois étudiants, le plan « 1 jeune, 1 solution » a été renforcé, avec le doublement en 2021 du nombre de bénéficiaires de la garantie jeunes, au lieu d’une augmentation de 50 % : ce nombre devrait ainsi atteindre 200 000. 

Des  mesures  supplémentaires  ont  été  annoncées  afin  de  garantir  un  droit  à  un accompagnement et à une formation universels adossé à une rémunération de 500€ par mois pour chaque jeune qui en a besoin. C’est le cas pour :

  • les jeunes bénéficiant d’un accompagnement par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) ou d’un accompagnement intensif de Pôle emploi (AIJ) ;
  • les jeunes diplômés ex-boursiers et inscrits à Pôle emploi ;
  • les jeunes engagés dans des dispositifs d’accompagnement pour entrer en formation: Epide, prépa apprentissage, etc.

Par ailleurs, le niveau de rémunération des stagiaires de la formation professionnelle a été revalorisé dès le mois de juillet, passant de 300 euros à 500 euros par mois pour tous les jeunes de 18 à 25 ans. Cette rémunération, qui était jusqu’à maintenant renouvelable 3 fois, est désormais portée à 6 fois.

Par ailleurs, la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, Mme Elisabeth Borne a indiqué le 3 janvier qu’elle proposera des modalités de la prolongation des aides à l’embauche et à l’apprentissage au Premier ministre, après concertation avec les partenaires sociaux.

La ministre a également estimé que le plan portait ses fruits. En effet, entre août et fin novembre, 1 052 millions de jeunes ont été recrutés en Contrat à Durée Déterminée d’au moins 3 mois ou en Contrat à Durée Indéterminé. C’est presque autant qu’en 2019. Plus de 220 000 primes ont été distribuées. La dynamique de l’apprentissage a continué à progresser à un niveau historique puisque  440 000  contrats  ont  été  signés  en  2020,  contre 353 000  en  2019.  On  dénombre  560  000  jeunes  sont  entrés  dans  des  parcours  d’insertion  vers l’emploi.

Les mesures de soutien aux jeunes et des étudiants pendant la crise

Plusieurs mesures ont été prises depuis le début de la crise sanitaire en direction des jeunes, particulièrement  touchés  par  la  pauvreté.  Deux  allocations  spécifiques  ont  ainsi  été distribuées :

  • une aide de 200 € versée en juin 2020 à environ 800 000 jeunes, pour un coût total de 160 millions d’euros. Cette aide était destinée aux étudiants, boursiers ou non boursiers, qui avaient perdu leur emploi ou leur stage du fait de la crise sanitaire, aux étudiants originaires des Outre-mer isolés dans l’Hexagone, qui n’ont pu rentrer chez eux, ainsi qu’aux jeunes non-étudiants de moins de 25 ans bénéficiaires d’APL et sans enfant à charge
  • une nouvelle aide de 150 euros pour les boursiers

S’agissant des étudiants plus particulièrement, le Ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’innovation, en lien avec tous les établissements du territoire, les associations et les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), s’est mobilisé pour accompagner tous les étudiants : 

  • Mobilisation de la Contribution à la vie étudiante et de campus pour 19 millions d’euros entre mars et juillet : aides sanitaires, alimentaires, financières ou d’accès au numérique. 
  • Logement : aucune résidence universitaire n’a fermé, gel des loyers et exonération du préavis de départ des étudiants qui ont souhaité quitter leur logement au début du confinement.
  • Bourses sur critères sociaux : versement des bourses étendu au mois de juillet pour l’ensemble des étudiants dont les examens étaient décalés au-delà du 30 juin. Montants réévalués pour prendre en compte l’inflation (+1,2%). Chaque étudiant voit donc sa bourse augmenter, selon son échelon, d’un montant annuel pouvant aller jusqu’à 67 euros pour l’échelon 7. Avec l’augmentation prévisionnelle du nombre de boursiers, c’est un engagement financier historique de plus de 80 millions d’euros.
  • Aide alimentaire : ticket de restauration Universitaire à 1 euro pour l’ensemble des étudiants boursiers (mesure à 50 millions d’euros dans le budget 2021) et maintien du ticket à 3,30 euros pour les non boursiers. Les restaurants universitaires ont continué à fournir les repas pendant le confinement. Les associations ont également joué un rôle déterminant. 
  • CROUS : le budget des CROUS a été doublé pour distribuer les aides d’urgence, afin de toucher 45 000 jeunes supplémentaires, pour un coût de 56 M€. 
  • Numérique : un partenariat avec SFR et Emmaüs Connect a permis le don de 20 000 recharges prépayées, 240 000 GO de data, 3 000 smartphones et 1 500 box de poche 4G.
  • Aide  psychologique  :  doublement  des  capacités  d’accompagnement  avec  le recrutement de psychologues et de 60 assistantes sociales 
  • Accompagnement :
    • 600 référents dans les cités U pour lutter contre l’isolement des étudiants.
    • 20 000 tuteurs étudiants pour accompagner 200 000 étudiants supplémentaires jusqu’à la fin du semestre, en ciblant tout particulièrement les premières années de licence et de Diplôme universitaire de technologie (DUT). D’une durée de quatre mois et à raison de 10 heures par semaine, ces contrats représentent un investissement de 50M€ de la part de l’Etat.