Lieu de création artistique et de partage culturel, les ateliers Médicis situés à Clichy-sous-Bois et Montfermeil se déploient progressivement pour devenir un grand lieu d’excellence artistique à l’horizon 2024.

Depuis début 2016, le projet des Ateliers Médicis se développe avec la création d’un Établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui porte une double ambition :

  • Développer un établissement dédié à la jeune création, aux émergences artistiques et culturelles
  • Expérimenter et concevoir à partir de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil le projet d’un grand équipement culturel de dimension métropolitaine, nationale et internationale

Les objectifs des ateliers Médicis sont divers :

  • Travailler le « culturel » sur les zones périphériques qu’elles soient urbaines ou rurales
  • Engager les établissements scolaires dans leur démarche
  • Travailler avec des artistes en résidence
  • Réfléchir à une professionnalisation des artistes
  • Travailler sur le partage, etc.

Plus précisément, sur le volet éducatif, il est à noter que les Ateliers Médicis travaillent en partenariat avec des établissements scolaires via le programme « création en cours » : les élèves des établissements sélectionnés par le rectorat ont des ateliers artistiques pendant le temps scolaire ou péri scolaires avec des intervenants qui sont des artistes en résidence. Pour sa quatrième édition, « création en cours » accompagne 108 projets portés par de jeunes artistes dans des écoles primaires et collèges (classes de CM2 et 6ème essentiellement) sur l’ensemble du territoire français

Exemples de projets :

  • « Les enfants, à table ! » est un projet d’image mit en scène dans une installation collaborative et participative. Différentes techniques plastiques sont utilisées pour servir le thème du repas. Un tel projet peut s’inscrire dans un territoire ayant une identité culturelle et sociologique très forte en mettant en lumière le rapport au repas durant la semaine, à l’école et à la maison. Ce projet permet également de traiter l’ambivalence du souvenir et de l’image par une édition qui est représentée dans une installation participative et collective.
  • « BD et Narration sur papier » est un projet qui a pour but de de travailler au développement simultané de deux livres pour mettre en place avec les enfants un véritable laboratoire de narration dessinée, écrite, photographiée, tout cela combiné ou non, où chaque enfant pourra, seul ou en groupe, explorer les infinies possibilités de la narration « sur papier ». De ces expérimentations avec les enfants est extraite la matière d’un livre collectif qui sera ensuite imprimé « en vrai ».

Plus localement, chaque année, près d’une quarantaine d’artistes professionnels de toutes disciplines, émergents ou confirmés, passent une semaine, un mois ou une saison au sein des locaux des Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois et Montfermeil. Toujours en lien avec les habitants de ces villes, il ne s’agit pas ici d’être dans une logique de consommation culturelle mais de les rendre acteurs, qu’ils s’inscrivent dans le chemin artistique du lieu.

En début de semaine, j’accompagnais Aurore Bergé aux ateliers Médicis de Clichy-sous-Bois et Montfermeil dans le cadre de sa mission « définir les objectifs, les principes d’action et les leviers d’une politique d’émancipation artistique et culturelle renouvelée »

Catherine Petit, qui travaille au secrétariat général du ministère de la culture, était également présente.

L’objectif de cette visite était de mettre en lumière des initiatives pertinentes qui fonctionnent afin de voir comment les dupliquer sur d’autres territoires. Raison pour laquelle j’ai proposé à Aurore Bergé de venir découvrir ce qui était fait sur notre territoire.

A ce jour, les retours sont très positifs : les élèves découvrent une nouvelle relation à l’école, qui n’est plus seulement un bâtiment mais un lieu de vie et qui vit. En effet, il n’est pas rare que dans les projets proposés, les bâtiments de l’école et la structure des cours de récréation soient « utilisés » comme support ou comme vecteur de développement d’idées artistiques. L’école devient un lieu d’exposition ouvert aux quartiers qui l’entourent.

Le développement de tels projets permet de lutte contre les zones blanches culturelles dans nos quartiers. Les modalités d’accès à la culture doivent être repensées. Il s’agit aujourd’hui d’étonner, de prendre un nouvel angle, en allant dans les écoles et en permettant aux enfants de découvrir un nouveau rapport aux artistes et non pas en « obligeant » les enfants à aller voir les artistes.