Le système de santé français est un système de qualité, que l’on mesure par : 

– Une hausse de l’espérance de vie (2ème rang mondial), une baisse de la mortalité, une hausse de la durée de vie pour les malades de maladies chroniques ; 

– Un reste à charge très faible pour les personnes (de l’ordre de 7,5 %, part la plus faible de l’Union européenne) ; 

– Un niveau élevé d’investissement : 200 milliards d’€ de dépense publique pour la santé (dont 2,2 milliards pour la recherche), ce qui représente 11,7 % du PIB (3ème rang des pays de l’OCDE). Un budget des hôpitaux en augmentation en 2018 et 2019. 

Toutefois, notre système de santé rencontre actuellement certaines difficultés et rigidités :

– Des rigidités d’organisation (exercice isolé des professionnels de ville ; cloisonnement ville/hôpital, médico-social/sanitaire, public/privé ; manque d’outils et de structure de coordination) ; 

– Des tensions financières croissantes (coût élevé des innovations thérapeutiques ; croissance du nombre de pathologies chroniques en raison du vieillissement de la population ; maîtrise des dépenses ; prescriptions redondantes et désorganisation des parcours de soin ; absence de valorisation des bonnes pratiques de suivi et de gestion des parcours) ; 

– Des inégalités territoriales, couplées à une baisse du nombre de médecins généralistes par habitant jusqu’en 2025 : le nombre de consultations disponibles a baissé de 15 % en 15 ans ; plus de 9 000 communes sont en situation de sous-densité ; on décompte plus de 6 mois d’attente pour certains spécialistes dans les zones sous-dotées telles que la Seine-Saint-Denis. 

Ainsi, le projet de loi « Ma Santé 2022 », adopté en première lecture, mardi 26 mars par l’Assemblée nationale, a pour objectif principal le décloisonnement de l’organisation des soins ; des exercices professionnels et des formations ; ainsi que du financementet formule trois engagements prioritaires : 

• Placer le patient au cœur du système et faire de la qualité de sa prise en charge la boussole de la réforme ; 

• Organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité ; 

• Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé.

Ce projet de loi comporte les mesures suivantes :

✅ La suppression du numerus clausus pour une meilleure adéquation aux besoins de chaque territoire (+ 20 % de médecins) et des mesures incitatives visant à encourager les débuts de carrières dans les zones sous-denses grâce à l’extension du contrat d’engagement de service public et du dispositif de médecin adjoint ;

✅ La création d’hôpitaux de proximité recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et les consultations spécialisées au service d’un meilleur maillage du territoire et d’une orientation vers d’autres établissements (hôpitaux généraux, CHU) selon les besoins des patients.

✅ Le développement de la télémédecine, des télésoins et de la e-precription afin d’accroître l’offre de soins.

✅ La création d’une plateforme des données de santé et d’un espace numérique de santé permettant d’accéder à son dossier médical, à ses prescriptions, à ses remboursements et à des applications de santé respectant des référentiels éthiques et les labels et normes garantis par l’État.

✅Des soins du quotidien par les pharmaciens.

Le projet de loi Santé doit maintenant être examiné par le Sénat avant de revenir, en cas d’échec de la commission mixte paritaire, à l’Assemblée nationale pour une adoption définitive.