A l’occasion des assises de la maternelle, le Président de la République a annoncé l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans à compter de la rentrée 2019. Cette décision, qui vient consacrer la place de l’école maternelle dans le système éducatif français a une triple portée :

I/ Historique

  • La loi Ferry du 28 mars 1882 disposait que : « L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ».
  • Depuis, la durée de l’instruction obligatoire n’a été étendue qu’à deux reprises.
    • La loi du 9 août 1936 : l’instruction est désormais obligatoire de 6 à 14 ans révolus ;
    • L’ordonnance du 6 janvier 1959 : l’instruction est désormais obligatoire de 6 à 16 ans révolus ;
  • L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire est inédit depuis 1882. Cette décision vient affirmer le caractère fondamental de la scolarité avant 6 ans et reconnaît l’importance des missions assurées par les personnels (professeurs des écoles et ATSEM) qui accueillent les enfants à l’école maternelle.

 

II/ Sociale

  • Les études scientifiques démontrent que la stimulation cognitive précoce, entre 0 et 5 ans, favorise la réussite scolaire, le niveau d’études et l’insertion professionnelle.
  • La volonté du gouvernement est donc d’agir au plus tôt, avec une attention constante aux élèves les plus fragiles.
  • Aujourd’hui, 97 % des élèves sont scolarisés à 3 ans, mais selon des modalités imparfaites (disparités territoriales dans les taux de scolarisation à 3 ans, assiduité incomplète, notamment en petite section).
  • Après le dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, qui concernera 340 000 élèves par an à partir de la rentrée 2019, cette décision traduit la volonté du Président de la République de faire de l’école le lieu de l’égalité réelle, celle qui lutte contre le déterminisme social en assurant à chacun la maîtrise des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui.

 

III/ Pédagogique

  • L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire est l’occasion d’affirmer l’identité propre de la maternelle. Véritable école, elle doit être encore davantage tournée vers l’acquisition du langage et l’épanouissement de l’enfant. En effet, à 4 ans, un enfant issu d’un milieu social défavorisé a entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant issu d’un milieu favorisé.
  • Cette nouvelle approche de la maternelle implique une formation plus spécifique encore des professeurs des écoles et une meilleure prise en compte du rôle des ATSEM.

 

Ces ambitions résonnent avec tout ce que le Gouvernement a déjà fait dans l’éducation : 

–          Le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les territoires les plus fragiles

–          Le dispositif « Devoirs faits »

–          Retour de la lecture et des langues vivantes et anciennes au collège

–          La réforme du baccalauréat

–          Une meilleure orientation pour les lycéens

 

Toutes ces mesurent concourent à la même perspective : pleinement reconnaître le rôle essentiel de l’école pour construire une société et permettre l’épanouissement des individus.